Jawlensky Alexej

1864-1940 : Il est issu d’une famille de la petite noblesse militaire. La famille habite successivement plusieurs villes de la Russie Blanche et de l’actuelle Pologne au gré des affectations du père colonel dans l’armée impériale. Dans une église polonaise il connaîtra sa première expérience religieuse significative en découvrant une icône aux vertus miraculeuses.

De 1877 à 1882 il étudia à L’École des Cadets de Moscou et voit pour la première fois une exposition de peinture en 1880 à l’ Exposition mondiale évenement qui bouleverse sa vie. Il commence à peindre et visite réguliérement la Galerie Tretiakov.

Son père meurt en 1872, il entre à l’École militaire Alexandre, est nommé lieutenant en 1884 en poste à Moscou. Il habite en ville et fréquente les artistes et collectionneurs, cet environnement stimule son intérêt pour la peinture. Il peint des paysages et la steppe tatare et en 1898 obtient son transfert pour Saint-Petersbourg où se trouve l’Académie impériale des Beaux-Arts dont il suit les cours.

En 1890 il rencontra Ilya Repine, le grand peintre russe réaliste et romantique de l’époque. L’une des élèves de Repine est Marianne von Werefkin, fille du général commandant la forteresse Pierre et Paul et qui a déja un certain nom comme peintre. En 1895, invité dans la propriété de famille des Werefkin, il rencontra Hélène Neznakomova qui deviendra sa femme en 1922 après lui avoir donné un fils Andréas en 1902. Jawlensky quitte l’armée en 1896 avec le grade de capitaine et accompagné de Wérefkin part pour Munich suivre les cours d’Anton Azbé, artiste et professeur reconnu à l’époque. Il rencontre Kandinsky qui à quitté la Russie un an auparavant. En 1898 il part pour l’été en Russie en compagnie de Werefkin et d’Hélène, puis visite Venise et quitte l’école d’Azbé peu après son retour à Munich. Sa production picturale d’alors est essentiellement des natures mortes. Il part en Lituanie et malade retrouve Werefkin en 1901, en Crimée pour sa convalescence, en 1902 Hèlène Neznakomova met au monde leur fils unique Andréas.

En 1905, il travaille à Carantec, en Bretagne et grâce à l’intervention de Diaghilev, Jawlensky envoya six toiles au Salon d’automne, qui furent exposées dans la section russe et fait la connaissance Matisse. De retour à Munich il fait la connaissance du  » Nabi  » le peintre- moine et mystique Jan Verkade[1] et de Paul Sérusier. Il achète en 1908 un tableau de Van Gogh[2].et rencontre le danseur russe Alexandre Sakharoff qui devient son ami intime. Il passe les étés à Murnau, dans le sud de la Bavière en compagnie de Werefkin, Kandinsky, et Gabriele Münter, ils font partie des fondateurs de la Nouvelle Association des Artistes de Munich ( Neue Künstlervereinigung München) ou NKVM, qui tint sa première exposition à la galerie Thannhauser de Munich en décembre[3] et qui donna naissance en 1912 au groupe nommé « Der Blaue Reiter » (Le Cavalier Bleu). Il rencontre Franz Marc, Emil Nolde participe aux expositions du Sonderbund et à Neue Kunst chez Golz à Munich. En 1914, première exposition de la Sécession munichoise( Neue Münchner Sezession ), puis après la déclaration de la guerre, se réfugie en Suisse à Saint-Prex avec Hélène et Marianne. Dans un grand isolement, il commence à peindre la vue qu’il a de sa fenêtre: c’est la série des Variations, le peintre s’engage sur une voie qui le mènera au dépouillement[4]puis à Zurich qui est devenu un lieu de rencontre pour les artistes et écrivains européens fuyant la guerre et fait la connaissance de Jean Arp, Wilhelm Lehmbruck, et Marie Laurencin. Commence ses séries des Têtes mystiques et Visions du Messie, et de 1918 à 1921 il s’installe à Ascona et commence la série des Têtes Abstraites. Rencontre avec le poète Rainer Maria Rilke et le sculpteur Archipenko. En 1921 il quitte Ascona et s’installa à Wiesbaden.

Après sa séparation d’avec Werefkin, il épousera Hélène Nesnakomoff[5] en 1922. En 1924 Emmy Scheyer crée le groupe des « Quatre bleus » comprenant Jawlensky, Lyonel Feininger, Paul Klee, Kandinsky pour promouvoir leurs oeuvres aux Etats-Unis sur la Côte Ouest. Il rencontre Lisa Kümmel en 1927 qui va l’aider à classer et cataloguer son oeuvre pendant les dernières années de sa vie.

Dès 1929 il est de plus en plus affecté par l’arthrite qui finit par le paralyser[6]. En 1938 il cesse de peindre, finit de dicter ses mémoires à Lisa Kümmel. Marianne von Werefkin meurt le 6 février 1938 à Ascona.
Jawlensky est mort à Wiesbaden le 15 mars 1941, à l’âge de soixante-dix-sept ans il y est inhumé au cimetière russe de Wiesbaden

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