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Vuillard Edouard

1868-1940 :Edouard Vuillard est sans doute l’un des peintres les plus importants de la fin du XIXème siècle en France. Son oeuvre engagea l’art des années 1900 vers des voies nouvelles, qui aujourd’hui impressionne encore par sa qualité et sa complexité.

Né à Cuiseaux en Saône-et-Loire le 11 novembre 1868, il est élevé à Paris dans une famille modeste. Au Lycée Condorcet, il se lie avec le musicien Pierre Hermant, l’écrivain Pierre Véber et Maurice Denis.
En 1885, il quitte le lycée et rejoint son ami Ker-Xavier Roussel, pour suivre les cours du peintre Diogène Maillart (1840-1926). C’est alors qu’il commence à fréquenter le Louvre, et se découvre une vocation artistique, à l’opposé de la tradition familiale qui le destinait aux fonctions militaires.

Il entre en mars 1886, à l’Académie Julian. En juin 1887 il est admis à l’Académie des Beaux-Arts et suit l’enseignement de Jean-Léon Gérôme.
Il développe son goût pour les natures mortes réalistes et aime beaucoup peindre des scènes d’intérieur. Son travail se caractérise par une recherche subtile et nuancée de gammes colorées, d’équilibres entre les clairs et les obscurs, des traits travaillés en arabesques, des motifs décoratifs inspirés des estampes japonaises.

C’est un grand admirateur des classiques comme Vermeer, Watteau et Chardin, mais il s’ intéresse beaucoup aussi aux artistes allemands du XVIIème.

En 1889, il se joint à un petit groupe d’artistes de l’Académie Julian, avec Maurice Denis et Pierre Bonnard qui réalisent des oeuvres marquées de symbolisme et de spiritualité, lesquels se baptisent la « confrérie des Nabis » ( nabis signifiant « prophètes « , en hébreu ), tout en se revendiquant des travaux de Paul Gauguin.
Il s’agit pour eux de se libérer de toutes les conventions académiques et en particulier de la reproduction fidèle de la nature ou de la scène observée. L’important est la réalité propre du tableau, davantage que la reproduction de la réalité. Il sont déçus par les limites de l’impressionnisme qui se contente de reproduire des paysages, et d’être au final qu’un appauvrissement intellectuel alors que pour eux l’imaginaire, le sentiment doivent être les moteurs essentiels de l’émotion. Il faut faire entrer l’art dans la vie.

Paul Sérusier l’un des peintres du groupe Nabis développe de son côté un amour de la méthode synthétiste, reposant sur l’imagination et la mémoire en excluant totalement l’observation directe.
Edouard Vuillard, d’abord réticent à cette idée que le peintre ne cherche pas à reproduire de façon réaliste ce qu’il voit, finit, vers 1890, par s’essayer à ses premières oeuvres synthétistes. Ainsi en 1891, dans la peinture  » Au Lit « , à l’aide de motifs simplifiés et de larges applats de couleurs, l’artiste crée une composition faite d’horizontales et de verticales en s’affranchissant de la perspective, mais donnant cependant une impression de profondeur avec des tons neutres qui génèrent une sensation de silence et de repos.

En 1893, poursuivant dans le symbolisme et inspiré par la littérature contemporaine d’auteurs tels que Maeterlinck, Henrik Ibsen, ou encore Stéphane Mallarmé il peint des atmosphères lourdes, comme par exemple  » Intérieur, effet de soir « , dans lesquelles la dimension dramatique s’ajoute à une certaine spiritualité.

En 1899, Vuillard réalise des lithographies dont par exemple la série des « Paysages et Intérieurs « , ainsi que des études au pastel et à l’aquarelle qui témoignent d’une grande virtuosité dans les techniques nouvelles. C’est une période où il réalise aussi aussi des panneaux décoratifs pour les intérieurs de maisons bourgeoises parisiennes, des affiches et des cartons de décors de théâtre d’avant-garde, et des photographies de ses amis proches.

Après 1900, il s’oriente davantage vers les portraits en recevant de nombreuses commandes de la bourgeoisie parisienne. Il ne délaisse par pour autant les scènes d’intérieur qu’il affectionne particulièrement, dans lesquelles il peint l’ intimité de pièces meublées chargées des instants prolongés de la vie quotidienne.

Au terme du parcours proposé par cette exposition, on découvre plusieurs vues de la Place Vintimille à Paris ( aujourd’hui Place Berlioz ), où Edouard Vuillard vivra de 1908, jusqu’à sa mort en 1940. L’artiste y présente ses lieux familiers dans de nombreux travaux : esquisses, pastels et peintures, dans des perspectives sans cesse renouvelées pour exprimer les changements de saisons et l’évolution du temps.

(LMDA)

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